Actualités de la recherche – Professeur Raoul Poupon

Actualités de la recherche sur les maladies inflammatoires et auto-immune du foie (Professeur Raoul POUPON)

 Hormones sexuelles, microbiote et maladies auto-immunes : Pourquoi les femmes sont-elles plus exposées aux maladies auto-immune ?

Le microbiote intestinal est sous la dépendance des hormones sexuelles (et vice versa) et module l’auto-immunité.

En 2013, Markle et collaborateurs publiaient dans Science une série d’expériences uniques montrant que la composition et la diversité de la flore intestinale (microbiote) pouvait avoir un rôle majeur dans la survenue de phénomènes autoimmuns en utilisant un modèle expérimental de maladie autoimmune (le diabète de type1 chez la souris). En premier lieu, ces auteurs montraient que la composition du microbiote intestinal se différentiaient à la puberté, indiquant le rôle possible des hormones dans cette évolution (i.e, les hormones sexuelles influencent la composition du microbiote). Par des expériences de transplantation (transfert) du microbiote du caecum entre femelles et mâles les auteurs observaient que le microbiote modulait la balance hormone femelle vs hormone male. Ainsi le transfert du microbiote de mâles induisait la production de testostérone chez la femelle (i.e, le microbiote influencent les hormones sexuelles) et la protégeait du diabète auto-immun. En bloquant les récepteurs de la testostérone chez ces souris femelles ayant reçu le contenu intestinal des mâles, les souris femelles développaient les caractéristiques de la maladie auto-immune montrant bien ainsi que le microbiote est capable d’influencer nos hormones et conférer une susceptibilité aux maladies autoimmunes.

 

La testostérone (l’hormone mâle) pour traiter la cholangite et l’hépatite auto-immunes ?

Les maladies auto-immunes du foie et des voies biliaires (CBP, Hépatite auto-immunes) ont une très grande prédominance féminine. Pour la CBP, le ratio femme/homme est de 10, pour l’hépatite autoimmune , il est de 4. Les auteurs (C Schramm et collaborateurs, centre des maladies rares du foie à Hambourg) apporte des arguments expérimentaux solides en faveur du rôle des hormones sexuelles (oestrogènes vs testostérone) dans ce phénomène. Ils ont utilisé pour cela un modèle de cholangite aigüe immune qui survient électivement chez les souris femelles. Ils ont étudié dans ce modèle les mécanismes conduisant à la réaction auto-immune. Ils montrent que la présence de testostérone est capable de supprimer l’inflammation biliaire médiée par l’interleukine 17 et les chémokines CXCL9 et 10. Ces observations pourraient, selon les auteurs, conduire à une nouvelle approche thérapeutique des inflammations du foie d’origine auto-immune (Journal of Immunology, 2015).

Professeur Raoul POUPON

Février 2016