Une étude a été publiée dans le numéro de novembre 2005 de la revue Hepatology sur les facteurs déclencheurs de la CBP. Cette étude a comparé un échantillon de 1000 patients à un échantillon de population non atteintede taille et de caractéristiques similaires. Nous en publions ici la synthèse ainsi que la traduction du communiqué de presse officiel. Cette étude confirme d’autres études antérieures, ainsi que certaines présomptions sur l’origine de la CBP. Elle a le mérite d’avoir pris pour base un échantillon important de malades. Elle a été réalisée en collaboration avec l’association américaine des patients atteints de CBP : PBCers.Aller sur le site de la revue HepatologyAller sur le site de PBCers

Communiqué de presse du 1 Novembre 2005 (traduction Angela Leburgue, présidente d’albi)

Causes de la CBP (les auteurs sont cités dans le texte en anglais ci-dessous)

Une vaste étude, couvrant plus de 2000 personnes, a recherché les facteurs pouvant déclencher la CBP chez des individus génétiquement prédisposés. Ceci a inclus un historique de chaque participantsur des infections urinaires, des traitements hormonaux de substitution, la consommation de cigarettes, etc. L’étude est publiée dans le numéro de Novembrede la revue Hepatology. La CBP est une maladie rare et auto-immune quiprovoque des atteintes hépatiques. La cause est inconnue.La maladie est plus fréquente chez la femme que chez l’homme…Pour essayer de mieux comprendre les origines de la maladie, des chercheurs, sous la responsabilité de M Gershwin, M.D. de l’ University of California at Davis School of Medicine, ont conduit une étude de cas avec 1032 patients atteintsde CBP et 1041 non-malades. Les patients étaient suivis en 23 centres médicaux à travers les USA. La population témoin était corrélée pour les critères suivants : sexe, âge, ethnie, et localisation géographique. Tous les participants ont répondu à une enquête téléphonique qui couvrait le style de vie, l’historique personnel et familial, etc.. Les chercheurs ont par la suite analysé et comparé les réponses. Après des analyses statistiques multivariées, des facteurs significativement associés avec la CBP ont été trouvés. Ceci comprend un historique familial de CBP ou de maladie de Sjogren, au niveau personnel des infections urinaires, le tabagisme, l’utilisation de vernis à ongles et le THS (traitement hormonal substitutif). A contrario, ne pas avoir été enceinte serait lié à ne pas avoir développé cette maladie. L’étude est la plus grande faite à ce jour sur les facteurs de risques associés à la CBP et ses résultats confirment quelques uns des facteurs de risques précédemment identifiés, mais pas d’autres, excluant entre autre une augmentation de la prévalence du cancer du sein chez les femmes atteintes de CBP. Par contre, l’auteur dit avoir identifié de possibles nouveaux facteurs de risque (utilisation de cosmétiques) et des conditions auto-immunes associées à la CBP (SLE). Il se peut que l’étude ait quelques limites du fait de différents statuts socio-économiques des deux populations car le revenu annuel de la population atteinte de CBP était supérieur à celle de la population témoin. Il se peut aussi qu’il y ait eu quelques erreurs de classifications lors du sondage. Toutefois en dépit de ces restrictions, les auteurs pensent que jamais auparavant on n’avait mis en évidence de façon aussi probante des facteurs corrélés à la CBP. En conclusion, les résultats indiquent que des facteurs environnementaux, comme des agents infectieux à travers des infections urinaires, des produits chimiques contenus dans les cigarettes, peuvent induire la CBP dans les personnes génétiquement prédisposées. Des oestrogènes exogènes peuvent également contribuer à l’explication de la prédominance féminine chez les patients. Les auteurs suggèrent que, pour l’avenir, il faudrait poursuivre des efforts de recherche dans les interactions entre la génétique, les facteurs environnementaux en relation avec la CBP. Ils proposent la création d’une banque de données mondiale sur les patients et leurs familles ainsi que la réalisation d’études expérimentant lesagents identifiés par l’étude sur des animaux. Ils prétendent que ce n’est que par ces efforts combinés que l’on trouvera la solution de l’énigme de l’étiologie de la CBP. L’étude a été rendu possible grâce à l’appui de l’Institut National de Santé et grâce à l’aide de l’organisation PBCers, groupe de soutien aux malades à but non lucratif.Article: »Risk Factors and Comorbidities in Primary Biliary Cirrhosis: A Controlled Interview-BasedStudy of 1032 Patients » by M. Eric Gershwin, Carlo Selmi, Howard J. Worman,Ellen B. Gold, Mitchell Watnik, Jessica Utts, Keith D. Lindor, Marshall M.Kaplan, and John M. Vierling, Hepatology; November 2005 (DOI: 10.1002/hep.20907).

Abstract de l’article (en anglais)

Risk factors and comorbidities in primary biliary cirrhosis: A controlled interview-based study of 1032 patients. Gershwin ME, Selmi C, Worman HJ, Gold EB, Watnik M, Utts J, Lindor KD,Kaplan MM, Vierling JM.Division of Rheumatology, Allergy and Clinical Immunology, Universityof California, Davis, CA.

Primary biliary cirrhosis (PBC) is an autoimmune disease of unknownetiology, often associated with other autoimmune conditions. Controlledstudieshave so far provided conflicting data on risk factors and comorbidityrates in PBC. We enrolled patients with PBC (n = 1032) from 23 tertiary referral centers for liver diseases in the United States and random-digit-dialedcontrols (n = 1041) matched for sex, age, race, and geographical location. Patients and controls were administered a modified version of the US National Health and Nutrition Examination Study (NHANES III) questionnaire by trained personnel to evaluate associations between PBC and social,demographic, personal and family medical histories, lifestyle, andreproductive factors and the rates of comorbidity in affected individuals.Data indicatethat having a first-degree relative with PBC (adjusted odds ratio [AOR]10.736; 95% confidence interval 4.227-27.268), history of urinary tractinfections (AOR 1.511, 95% CI 1.192-1.915), past smoking (AOR 1.569,95% CI 1.292-1.905), or use of hormone replacement therapies (AOR 1.548,95% CI 1.273-1.882) were significantly associated with increased riskof PBC. The frequent use of nail polish slightly increased the riskof having PBC. Other autoimmune diseases were found in 32% of casesand13% of controls (P<0.0001). In conclusion, environmental factors,possibly including infectious agents through urinary tract infections or chemicals contained in cigarette smoke, may induce PBC in genetically susceptible individuals. Exogenous estrogens may also contribute to explain the female predominance of the disease. (HEPATOLOGY 2005;42:1194-1202.).