Mon foie ? Connais pas !

Mon foie ? Connais pas !

Affiche Vichy

Affiche de André Dahan pour l’eau de Vichy, 1970

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Ce dialogue entre le renard et la cigogne de la fable est entré dans le Panthéon des expressions populaires. Cette publicité pour l’eau de Vichy Saint-Yorre résume bien l’état des connaissances du public sur cet organe pourtant vital.

Raffraichissons donc nos connaissances sur le foie, ses fonctions étonnantes et les dérèglements possibles.

Le foie et ses fonctions

Le foie est un organe volumineux (3 kg en moyenne chez l’adulte), situé en grande partie à droite de l’abdomen. On le qualifie souvent de super « usine chimique ». De forme cônique, il est fait de trois grandes structures juxtaposées en série. Une structure vasculaire, appelée sinusoïdes, reçoit le sang oxygéné directement du cœur par l’artère hépatique (« hépatique » : qui a rapport au foie) et le sang de l’intestin par la veine porte, laquelle amène ainsi les nutriments au foie.

Un filtre intelligent

Chaque minute, 1,5 litre de sang traverse cet organe pour regagner le cœur par les veines centrolobulaires. Un deuxième compartiment (cellulaire) est constituée d’hépatocytes, cellules qui constituent 70 % de la masse du foie. Elles ont pour mission de stocker et de relarguer, à la demande, les substrats énergétiques et les protéines nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme entier. Les hépatocytes assurent en outre la transformation, l’inactivation ou l’élimination de produits exogènes (comme les médicaments) ou endogènes (comme la bilirubine ou l’excès de cholestérol). Toutes ces substances potentiellement toxiques sont irréversiblement éliminées dans les structures biliaires (3° compartiment – canalicules, canaux biliaires). Les maladies du foie

Le foie peut être le siège d’un très grand nombre d’affections. Lorsque celles-ci sont méconnues ou deviennent chroniques, elles peuvent donner lieu à une fibrose, une désorganisation de l’architecture, que l’on appelle communément cirrhose. Ce terme ne préjuge pas de la cause de la maladie. Au stade de la cirrhose, des complications graves peuvent survenir, notamment le cancer.

Les principales affections hépatiques peuvent être dues ou résulter :

  • de l’exposition à des toxiques comme l’alcool ou certains médicaments. La susceptibilité varie d’un patient à l’autre et dépend de prédispositions génétiques, métaboliques ou de la combinaison de plusieurs facteurs de risque. On estime que statistiquement la consommation à risque se situe à un seuil de plus de 4 verres de vin à 10 ° par jour chez l’homme et de 2 verres pour la femme ;
  • de désordres métaboliques dont les plus fréquentes sont le diabète et l’insulinorésistance associé à une surcharge pondérale, responsables d’une affection du foie appelée hépatite stéatosique ;
  • de l’exposition aux virus dont les plus dangereux sont les virus B et C car ils peuvent persister indéfiniment dans le foie et créer des inflammations chroniques pouvant évoluer vers la cirrhose ;
  • d’anomalies génétiques conduisant à des surcharges en fer (hémochromatose), en cuivre (maladie de Wilson) ou en graisses, cholestérol, triglycérides (stéatoses) ;
  • de pathologies touchant plus spécifiquement les structures biliaires, la plus fréquente étant la lithiase biliaire, présence de calculs dans les voies biliaires ;
  • d’affections comme la cirrhose biliaire primitive (CBP), les cholangites inflammatoires, qui relèvent des mécanismes complexes non encore totalement élucidés ;
  • de maladies cancéreuses du foie et des voies biliaires qui compliquent les maladies inflammatoires chroniques arrivées au stade de la cirrhose. Le foie peut être également la cible de processus cancéreux issus d’autres organes.