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Un étude française évalue l’efficacité d’un nouveau traitement dans la cholangite biliaire primitive

C Corpechot

Présentation EASL 2017 avril

Une étude française récente a testé l’efficacité du Bézafibrate dans le traitement de la CBP, quels sont les résultats ?

La cholangite biliaire primitive (CBP) est une maladie hépatique chronique caractérisée par une cholestase chronique. Les symptômes de la maladie les plus courants sont le prurit et l’asthénie. Dans certains cas, la maladie peut progresser et conduire à une fibrose hépatique voire une cirrhose.

Le Bézafibrate est un traitement de la classe des fibrates utilisés depuis de nombreuses années dans le traitement des hyperchlolestérolémies. Récemment son intérêt dans le traitement des maladies cholestatiques a été évoqué.

Le seul traitement validé permettant d’améliorer les symptômes et de ralentir la progression de la CBP est l’acide ursodésoxycholique (AUDC). Dernièrement un nouveau traitement, l’acide obéticholique a montré son efficacité en cas de CBP non contrôlée par AUDC. Ce traitement est depuis peu sur le marché, il est préconisé en 2ème ligne après l’AUDC.

Cocorico pour cette étude française menée par le Dr Corpechot et le Prof Raoul Poupon  à l’hôpital St Antoine présentée au dernier congrès européen des maladies du foie (EASL avril 2017).

Cette étude « Bezurso » à laquelle peut être certain(e)s d’entre vous ont participé a inclus 100 patients « randomisés » sur toute la France pendant 2 ans. Les patients inclus présentaient une CBP traitée par AUDC mais en réponse biologique incomplète. 50 patients ont été « randomisés » dans le groupe « placebo » et 50 dans le groupe « Bézafibrate »;  parallèlement ils poursuivaient leur traitement habituel par AUDC. Il n’y avait pas de différence entre les 2 groupes concernant les caractéristiques des patients et de la maladie. L’efficacité du traitement était évaluée après 2 ans.

Concernant l’efficacité biologique, 30% des patients dans le groupe « Bézafibrate » étaient en réponse biochimique contre 0% dans le groupe « placebo » et 67% avaient une normalisation des phosphatases alcalines après 2 ans de traitement contre 0% dans le groupe « placebo ».

Sur les symptômes cliniques les résultats étaient eux aussi impressionnants avec une diminution du prurit chez 75% des patients dans le groupe « Bézafibrate » contre 0% dans le groupe « placebo ». On notait également une amélioration de l’élasticité du foie. Enfin, le « Bézafibrate » était très bien toléré, il n’y avait pas de différence sur les effets secondaires en comparaison au traitement par placebo.

Cette étude montre donc que, chez les patients avec CBP, l’utilisation du « Bézafibrate » en association avec l’AUDC en cas de réponse biochimique incomplète sous AUDC seul est efficace cliniquement, biologiquement, diminue la progression de la fibrose et est bien toléré.

Au-delà du fait qu’il s’agit d’une étude française très bien menée avec des résultats intéressants, cette étude ouvre une autre possibilité de traitement de 2ème ligne chez les patients atteints de CBP non répondeurs à l’AUDC.

 

En conclusion, l’AUDC reste le traitement de 1ère intention recommandé dans le traitement de la CBP. En cas de réponse biochimique incomplète l’ajout du Bézafibrate pourra prochainement être proposé.