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Une recherche à Nantes soutenue par albi

L’association albi, depuis ses tout débuts, soutient la recherche autour de nos maladies biliaires, à la mesure de ses moyens, ceux-ci étant dépendants en particulier des dons de ses adhérents. Les premières années, il a été possible de soutenir le travail de doctorants chercheurs, par la suite nous avons accompagné des recherches ambitieuses. Depuis plusieurs années, nous soutenons le travail d’une équipe CRTI (Centre de Recherche en Transplantation et Immunologie), associé au CHU de Nantes, autour du Dr Amédée Renand. Ces recherches portent sur le rôle des globules blancs dans les maladies auto-immunes, en particulier dans l’hépatite auto-immune. La phase actuelle de l’étude étend son investigation à la cholangite biliaire primitive.

L’équipe du Dr Renand est venue à plusieurs reprises aux journées albi présenter l’avancement de leurs recherches. Nous leur avons demandé de rédiger une synthèse pour les adhérents d’albi, dans des termes aussi accessibles que possible, ce qui est toujours un exercice difficile. Voici cette synthèse, un état de l’avancement à mi-2020.

Les résultats intermédiaires de cette étude ont été présentés au congrès 2020 de l’EASL (European Association for the Study of the Liver), sous forme d’un « poster ». Si vous êtes anglophone et plutôt scientifique, vous pouvez télécharger le poster, en cliquant sur son image, en fin d’article.


ETUDE DES POPULATIONS LYMPHOCYTAIRES ASSOCIEES AUX MALADIES AUTO-IMMUNES DU FOIE CHEZ L’HOMME

Dr. Amédée RENAND, Dr Sophie CONCHON, Dr Jérôme GOURNAY
CRTI UMR1064 et CHU de Nantes (Service Hépato-gastro-entérologie, cancérologie digestive et assistance nutritionnelle) ; Nantes.

Depuis 2015 notre équipe a mis en place un projet d’étude des maladies auto-immunes du foie chez l’homme. Ces maladies sont rares et se caractérisent par une attaque du système hépatique par notre propre système immunitaire. Les mécanismes immunologiques précis impliqués sont toujours peu connus.

Nos recherches se sont axées principalement sur l’hépatite auto-immune (HAI, une des trois principales maladies auto-immunes du foie) et, grâce à une collaboration étroite avec le CHU de Nantes, une cohorte de patients a été constituée (plus de 150 patients). Notre première étude a permis, à partir d’échantillons de sang de ces patients, de mettre en évidence des altérations affectant certains types de lymphocytes lors de la phase aiguë de l’HAI, qui persistaient sous traitements immunosuppresseurs (Renand et al, Hepatology Communication 2018). Les lymphocytes sont des globules blancs dont le rôle est la défense immunitaire de l’organisme face aux agressions infectieuses. Ceci pourrait expliquer le fort taux de rechute lors des tentatives d’arrêt de traitement. Afin de déterminer avec précision les lymphocytes impliqués dans la progression de la maladie nous nous sommes focalisé sur un type de lymphocytes, les T CD4 (LTCD4), qui est retrouvé au niveau du foie malade et qui a la capacité d’induire une production d’auto-anticorps par les lymphocytes B. Ces auto-anticorps provoquent l’hépatite auto-immune, en agissant sur les auto-antigènes hépatiques. Grâce à la mise en place d’un test sensible, nous avons pu identifier et isoler des LTCD4 dits auto-réactifs chez des patients HAI. Nous avons ainsi défini pour la première fois un profil détaillé de ces LTCD4 auto-réactifs qui sont impliqués dans l’inflammation hépatique et dans l’apparition des auto-anticorps (Renand et al, Journal of Hepatology 2020). Cette étude offre la possibilité de suivre, caractériser et potentiellement cibler ces cellules pathologiques chez les patients.

Dans cette seconde étude nous avons ciblé la réponse dirigée contre l’auto-antigène SLA (Soluble Liver Antigen). La suite de nos études consistera à cibler d’autres auto-antigènes hépatiques, et pas seulement dans l’HAI. La recherche des LTCD4 auto-réactifs dans la cholangite biliaire primitive (CBP) a d’ores et déjà débuté.

Nos recherches comprennent trois grands axes:

1) L’identification et la caractérisation des LTCD4 auto-réactifs dans les maladies auto-immunes du foie (HAI et CBP). L’impact est cognitif (nous comprendrons mieux les mécanismes de la maladie) et aboutira à la caractérisation détaillée des lymphocytes impliqués dans la pathogénèse de ces maladies.

2) Le suivi des LTCD4 auto-réactifs lors des différentes phases de la maladie et l’influence des traitements. L’impact est clinique (nous analyserons avec plus de précision les effets des médicaments) et permettra une amélioration de la prise en charge des patients.

3) Le développement d’une médecine personnalisée visant à cibler les LTCD4 auto-réactifs. L’impact est thérapeutique (nous pourrons personnaliser les traitements en fonction du patient) et permettra de mieux contrôler l’évolution de la pathologie.


Les résultats de l’étude présentés à l’EASL

Cliquer sur l’image pour télécharger le pdf en haute résolution


Création : PhDu, albi, 2/9/2020 Auteur : Amédée Renand, CRTI / CHU Nantes, août 2020