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Prurit : la porte est elle ouverte pour des thérapies plus rationnelles et efficaces?

Le prurit se définit comme une sensation désagréable au niveau de la peau qui conduit au désir de se gratter. Ce symptôme survient à chaque fois qu’il existe une agression cutanée et s’observe non seulement dans les maladies de la peau mais également dans les maladies du foie d’origine cholestatique et au cours de l’insuffisance rénale.

Au cours des maladies cholestatiques, la sévérité du prurit est sans relation avec la sévérité de la maladie. La pathogénie ou les mécanismes de ce symptôme sont en grande partie inconnus ce qui explique que les traitements sont pour le moment empiriques.

Le premier élément qui intervient est le facteur déclenchant du prurit, en d’autres termes l’agent qui interréagit avec les terminaisons nerveuses de la peau. Les acides biliaires sont considérés comme les principaux éléments pruritogènes au cours des maladies cholestatiques.

Le second facteur qui intervient est représenté par les fibres nerveuses qui conduisent la sensation à travers la moelle épinière et qui vont finalement conduire la sensation dans les régions du cerveau, le thalamus et les régions somato-sensorielles du cortex cérébral. Sun YG et Chen ZF (Nature 2007, 448 : 700) viennent de montrer qu’un neuropeptide appelé GRP (Gastrine-Releasing-Peptide) et son récepteur, GRPR, sont nécessaires pour que le cortex cérébral perçoive la sensation de prurit. Ce neuropeptide a précédemment été impliqué dans la suppression de l’appétit, la régulation de la réponse au stress, et dans le contrôle des conduites liées à la peur. Ces données proviennent d’expérimentations chez l’animal et plus particulièrement la souris. Il reste donc encore une fois à déterminer si ces données peuvent être transposées à l’homme. Néanmoins, connaissant maintenant les principaux acteurs mis en cause, la porte est ouverte pour le développement de traitements interférant avec le GRP et le GRPR.

Publié dans Le point recherche #3 | Septembre 2008 | Rédaction Prof. Poupon Centre de Référence des Maladies Inflammatoires des Voies Biliaires, Hôpital Saint Antoine