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Un nouveau modèle expérimental de CBP

Il a souvent été proposé des modèles expérimentaux de CBP. La plupart d’entre eux ont été obtenus par manipulation génétique du système immunitaire. Aucun d’entre eux n’a apporté de preuve convaincante capable d’expliquer pourquoi la maladie ne touche que le foie et les petits canaux biliaires.

Dans une étude récente de J Medina et J Prieto au Centre de Thérapie Génique et d’Hépatologie de Pampelone (Espagne) (Gastroenterology 2008,134 1482), les auteurs montrent qu’un modèle de souris Knock out pour le gène Ae2 développait non seulement les caractéristiques immunitaires de la cirrhose biliaire primitive (c’est à dire en particulier la présence d’anticorps anti-mitochondries) mais également une cholestase et une cholangite.

Dans des travaux précédents, ces auteurs avaient découvert que ce gène et la protéine codée par de gène avaient une activité très faible dans le foie des patients atteints de CBP. Ils avaient également montré que l’expression et l’activité de ce gène étaient en partie restaurées par l’urso chez les patients atteints de CBP. Ce gène, et la codéine codée, est présent dans les petits canaux biliaires où son rôle primordial est de participer à la formation de la sécrétion biliaire. En fait, ce gène est également présent dans les lymphocytes où son rôle est de réguler le pH intracellulaire des cellules immunitaires et possiblement l’activation et la différenciation des cellules immunitaires.

Dans l’étude récente publiée, les auteurs ont réussi à élever des souris matures avec cette anomalie. Cette souris récapitule toutes les manifestations immunologiques et les caractéristiques hépatiques de la maladie humaine. Les autres montrent en outre que l’ablation du gène rend les canaux biliaires très sensibles au stress oxydatif et à la mort par apoptose. Il est intéressant de noter également (R. Poupon, J. Hepatol 2008) que nous avons constaté que ce gène et ses variations polymorphiques étaient associés à un impact majeur sur la sévérité de la maladie en France, données semblant donc confirmer l’importance de ce gène dans la physiopathologie de la CBP.

Publié dans Le point recherche #3 | Septembre 2008 | Rédaction Prof. Poupon Centre de Référence des Maladies Inflammatoires des Voies Biliaires, Hôpital Saint Antoine